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June, 2006 Sardou J'y Crois Même si ça vous fait sourire un peu, Lorsque j'ai peur, je crois en Dieu. Quand je s'rai tout nu et tout froid, Quel que soit le lieu ou l'endroit, Avant de plonger dans la nuit, Bien sûr que je croirai en lui. Même si ça n'est pas vraiment celui Que tous les prophètes ont promis, S'il ne ressemblait pas du tout A ce jeune homme blond et doux Qu'un peuple a cloué sur la croix, Au fond ça n'changerait rien pour moi. Pour avoir trop aimé le vin, Surtout les vins dorés du Rhin, Les filles au sang chaud du midi, Pour avoir juré et trahi, Je suis un très mauvais chrétien. J'y crois lorsque j'en ai besoin. Quand on n'pourra plus rien pour moi, Bien sûr que je croirai en toi.
J'accuse les hommes de cracher dans leur soupe, D'assassiner la poule aux œufs d'argent, De ne prévoir que le bout de leur temps. J'accuse les hommes de salir les torrents, D'empoisonner le sable des enfants, De névroser l'âme des pauvres gens, De nécroser le fond des océans. J'accuse les hommes de violer les étoiles Pour faire bander le Cap Canaveral, De se repaître de sexe et de sang Pour oublier qu'ils sont des impuissants. De rassembler les génies du néant, De pétroler l'aile des goélands, D'atomiser le peu d'air qu'ils respirent, De s'enfumer pour moins se voir mourir. {J'accuse !} J'accuse les hommes de crimes sans pardon Au nom d'un homme ou d'une religion. J'accuse les hommes de se croire sans limites J'accuse les hommes d'être des hypocrites, Qui jouent les durs pour enfoncer du beurre Et s'agenouillent aussitôt qu'ils ont peur. J'accuse les hommes de se croire des surhommes Alors qu'ils sont bêtes à croquer la pomme. J'accuse les hommes. Je veux qu'on les condamne Au maximum, qu'on arrache leur âme Et qu'on la jette aux rats et aux cochons Pour voir comment eux ils s'en serviront. J'accuse les hommes, en un mot comme en cent, J'accuse les hommes d'être bêtes et méchants, Bêtes à marcher au pas des régiments, De n'être pas des hommes tout simplement.
Les femmes sont en colère aux portes des moulins. Des bords de la Volga au delta du Niemen, Le temps s'est écoulé il a passé pour rien. Puisqu'aucun dieu du ciel ne s'intéresse à nous, Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous. Toi, Vladimir Ilitch, t'as raison, tu rigoles, Toi qui as voyagé dans un wagon plombé, Quand tu vois le Saint-Père ton cousin de Pologne Bénir tous ses fidèles dans son auto blindée. Toi, Vladimir Ilitch, est-ce qu'au moins tu frissonnes En voyant les tiroirs de la bureaucratie ? Remplis de tous ces noms de gens qu'on emprisonne Ou qu'on envoie mourir aux confins du pays. Toi, Vladimir Ilitch, au soleil d'outre-tombe, Combien d'années faut-il pour gagner quatre sous, Quand on connaît le prix qu'on met dans une bombe ? Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous. Où sont passés les chemins de l'espoir ? Dans quelle nuit au fond de quel brouillard ? Rien n'a changé : les damnés de la Terre N'ont pas trouvé la sortie de l'enfer. Toi qui avais rêvé l'égalité des hommes, Tu dois tomber de haut dans ton éternité. Devant tous ces vieillards en superbe uniforme Et ses maisons du peuple dans des quartiers privés. Toi, Vladimir Ilitch, si tu es le prophète, Vient nous parler encore en plein cœur de Moscou Et répands la nouvelle à travers la planète : Amis du genre humain, ils sont devenus fous.
L'été commence bien. Nous partons en vacances A Dinard. Je me marie avec Edouard. Victoria, 1917. La guerre n'en finit pas. Michel a deux ans, Edouard au Chemin des Dames, Et je m'ennuie rue d'Amsterdam. Victoria, 1939. L'été commence bien. Nous partons en vacances A Dinard. J'irai sur la tombe d'Edouard. Victoria, 1943. La guerre n'en finit pas. Jean-Pierre a deux ans. Michel est à Berlin. A Paris, on crève de faim. Victoria, 1968. Le printemps commence bien. J'irai en vacances A Dinard. Je garderai les enfants le soir. Victoria, 1978. La vie n'en finit pas. Déjà 85 ans Qui sonnent. Je n'intéresse plus personne. Victoria, 1980. Je vais mourir demain Et ils vont m'enterrer Entre deux rendez-vous. J'ai eu ma tête jusqu'au bout.
Avec la même intro Qui n'en finit pas, Toujours dans l'ombre, Tu n'aimais pas que l'on se voie, Alors dans l'ombre, Chacun pour soi. Une mélodie pour Elodie, Une petite fille de mes amis, Qui avait une drôle de maman, Avant... On s'est aimés comme on s'envole Sur une musique et des paroles, Deux météores au firmament Passant. Une mélodie pour Elodie Et pour deux années de ma vie Qui sont passées comme en rêvant, Deux ans. Sur cette musique-là, Avec un vieux chanteur Qui trafiquait sa voix, L'un contre l'autre, Enlacés pour une autre fois, L'un contre l'autre, Chacun pour soi. Une mélodie pour Elodie, Une petite fille de mes amis, Qui avait une drôle de maman, Avant... Une chanson tendre pour qu'elle m'entende, Pour qu'elle se souvienne en passant D'un vieil hôtel, d'un océan, Du vent. On s'est aimés comme on s'envole, Sur une musique et des paroles. On s'est réveillés différents.
Sur les bords du lac de Tibériade, Dans les années 30 de l'ère chrétienne. C'était au printemps le grand jour de l'ouverture. Pierre surveillait son bouchon. Pas le moindre espoir de la plus maigre friture, Pas plus d'ablette que de goujon. Quand il aperçut, aux alentours de midi, Un genre de prophète, un Messie, Qui lui dit qui lui dit qui lui dit oh : Tu es Pierre. C'est sur toi que je bâtirai la terre. Tu dois sauver tes frères. Tu es Pierre. Salue ton père et va faire ta valise. Sur toi je rebâtirai mon église. Moi j'aime mon boulot, ma famille et mes copains. Je n'peux pas m'en aller comme ça. J'aurais l'air de quoi, de partir sur les chemins Pour chanter des alléluia ? "Fais ce qu'on te dit", lui répondit le Messie, "Et n'oublie pas qu'au Paradis C'est écrit c'est écrit c'est écrit oh : " Tu es Pierre C'est sur toi que je bâtirai la terre Tu dois sauver tes frères Tu es Pierre Salue ton père et va faire ta valise Sur toi je rebâtirai mon église Tu es Pierre. C'est sur toi que je bâtirai la terre. Tu dois sauver tes frères.
Revivre à peu près Les mêmes choses qu'on fuit ? S'en aller ailleurs, Passer l'équateur Et se croire à l'abri. Le monde est sans bout. Le centre est partout. Notre ombre nous suit. S'enfuir et, toujours, Les chagrins d'amour Durent toute une vie. Partir en courant, Echapper au temps, Découvrir un ciel. Aller sans valise, Sans idée précise, Seul'ment se faire la belle. S'enfuir, et alors, C'est l'aéroport, L'achat d'un billet. Aussi loin qu'on va, On part avec soi, On ne s'oublie jamais. Se mettre à l'écart, Ne plus rien savoir Du monde où l'on est, Laisser en arrière Les idées amères, Les projets qu'on a faits, Se cacher si loin Que jamais quelqu'un Puisse nous retrouver, Se perdre vraiment Comm' sur l'océan Les anciens voiliers. Le monde est sans bout. Le centre est partout. Notre ombre nous suit. S' enfuir et, toujours, Les chagrins d'amour Durent toute une vie.
Comme un soleil couchant De Méditerranée, Rouge Comme le vin de Bordeaux Dans ma tête étoilée, Rouge Comme le sang de Rimbaud Coulant sur un cahier, Rouge Comme la mer qui recouvre Le désert de Judée. Rouge Comme les joues d'un enfant Quand il a trop joué, Rouge Comme la pomme qui te donne Le parfum du péché, Rouge Comme le feu du volcan Qui va se réveiller, Rouge Comme cette étoile au cœur De ce dormeur couché. Comme un oiseau tué Par un chasseur tragique, Comme un acteur blessé Par les cris du public, Comme un violon brisé Qui rejoue l'Héroïque, Comme la vision glacée Du dernier Titanic. Rouge Comme le feu des Tziganes Quand les violons s'affolent, Rouge Comme un phare de signal Quand un avion s'envole, Rouge Comme les lèvres d'une femme Quand l'amour la rend folle, Rouge Comme le front du menteur Qui trahit sur parole. Comme un oiseau tué Par un chasseur tragique, Comme un acteur blessé Par les cris du public, Comme un violon brisé Qui rejoue l'Héroïque, Comme la vision glacée Du dernier Titanic, Comme le silence qui suit Les paroles en musique, Comme une symphonie Quand elle est Pathétique. Rouge Comme la colère d'un homme Quand il voit s'en aller, Rouge Tout ce qu'il a construit Tout ce qu'il a aimé, Rouge Comme le manteau du Christ Que les soldats ont joué, Rouge Comme la couleur du ciel Quand il va s'écrouler. Comme un oiseau tué Par un chasseur tragique, Comme un acteur blessé Par les cris du public, Comme un violon brisé Qui rejoue l'Héroïque, Comme la vision glacée Du dernier Titanic, Comme le silence qui suit Les paroles en musique, Comme une symphonie Quand elle Pathétique. June, 2006 goldmanComme Toi
Elle avait les yeux clairs et la robe en velours À côté de sa mère et la famille autour Elle pose un peu distraite au doux soleil de la fin du jour La photo n'est pas bonne mais l'on peut y voir Le bonheur en personne et la douceur d'un soir Elle aimait la musique surtout Schumann et puis Mozart Comme toi comme toi comme toi comme toi Comme toi comme toi comme toi comme toi Comme toi que je regarde tout bas Comme toi qui dort en rêvant à quoi Comme toi comme toi comme toi comme toi Elle allait à l'école au village d'en bas Elle apprenait les livres elle apprenait les lois Elle chantait les grenouilles et les princesses qui dorment au bois Elle aimait sa poupée elle aimait ses amis Surtout Ruth et Anna et surtout Jérémie Et ils se marieraient un jour peut-être à Varsovie Comme toi comme toi comme toi comme toi Comme toi comme toi comme toi comme toi Comme toi que je regarde tout bas Comme toi qui dort en rêvant à quoi Comme toi comme toi comme toi comme toi Elle s'appelait Sarah elle n'avait pas huit ans Sa vie c'était douceur rêves et nuages blancs Mais d'autres gens en avaient décidé autrement Elle avait tes yeux clairs et elle avait ton âge C'était une petite fille sans histoires et très sage Mais elle n'est pas née comme toi ici et maintenant Comme toi comme toi comme toi comme toi Comme toi comme toi comme toi comme toi Comme toi que je regarde tout bas Comme toi qui dort en rêvant à quoi Comme toi comme toi comme toi comme toi
Je voulais simplement te dire Que ton visage et ton sourire Resteront prés de moi sur mon chemin Te dire que c'était pour de vrai Tout ce qu'on s'est dit, tout ce qu'on a fait Que c'était pas pour de faux, que c'était bien. Faut surtout jamais regretter Même si ça fait mal, c'est gagné Tous ces moments, tous ces mêmes matins Je vais pas te dire que faut pas pleurer Y a vraiment pas de quoi s'en priver Et tout ce qu'on a pas loupé, le valait bien Peut-être que l'on se retrouvera Peut-être que peut-être pas Mais sache qu'ici bas, je suis là Ça restera comme une lumière Qui me tiendra chaud dans mes hivers Un petit feu de toi qui s'éteint pas.
Quand c'est à toi que je pense Je suis loin de tes mains Loin de toi, loin des tiens Mais tout ça n'a pas d'importance J'connais pas ta maison Ni ta ville, ni ton nom Pauvre, riche, batard Blanc, tout noir ou bizarre Je reconnais ton regard Et tu cherches une image Et tu cherches un endroit Où je dérive parfois Tu es de ma famille De mon ordre et de mon rang Celle que j'ai choisie Celle que je ressens Dans cette armée de simple gens Tu es de ma famille Bien plus que celle du sang Des poignées de secondes Dans cet étrange monde Qu'il te protège s'il entend Tu sais pas bien où tu vas Ni bien comment, ni pourquoi Tu crois pas à grand chose Ni tout gris, ni tout rose Mais ce que tu crois, c'est à toi T'es du parti des perdants Consciemment, viscéralement Et tu regardes en bas Mais tu tomberas pas Tant qu'on aura besoin de toi Et tu prends les bonheurs Comme grains de raisin Petits bouts de petits riens Tu es de ma famille De mon ordre et de mon rang Celle que j'ai choisie Celle que je ressens Dans cette armée de simple gens Tu es de ma famille Bien plus que celle du sang Des poignées de secondes Dans cet étrange monde Qu'il te protège s'il entend Tu es de ma famille {2x} Du même rang, du même vent Tu es de ma famille {2x} Même habitants du même temps Tu es de ma famille {2x} Croisons nos vies de temps en temps
Comme un bateau dérive Sans but et sans mobile Je marche dans la ville Tout seul et anonyme La ville et ses pièges Ce sont mes privilèges Je suis riche de ça Mais ça ne s'achète pas Et j'm'en fous, j'm'en fous de tout De ces chaînes qui pendent à nos cous J'm'enfuis, j'oublie Je m'offre une parenthèse, un sursis Je marche seul Dans les rues qui se donnent Et la nuit me pardonne, je marche seul En oubliant les heures, Je marche seul Sans témoin, sans personne Que mes pas qui résonnent, je marche seul Acteur et voyeur Se rencontrer, séduire Quand la nuit fait des siennes Promettre sans le dire Juste des yeux qui traînent Oh, quand la vie s'obstine En ces heures assasines Je suis riche de ça Mais ça ne s'achète pas Et j'm'en fous, j'm'en fous de tout De ces chaînes qui pendent à nos cous J'm'enfuis, j'oublie Je m'offre une parenthèse, un sursis Je marche seul Dans les rues qui se donnent Et la nuit ma pardonne, je marche seul En oubliant les heures, Je marche seul Sans témoin, sans personne Que mes pas qui résonnent, je marche seul Acteur et voyeur Je marche seul Quand ma vie déraisonne Quand l'envie m'abandonne Je marche seul Pour me noyer d'ailleur Je marche seul...
The heart of a Welsh boy who's lost his home Put it in harmony , let the words ring Carry your thoughts in the song we sing Je te donne mes notes , je te donne mes mots Quand ta voix les emporte a ton propre tempo Une épaule fragile et solide a la fois Ce que j'imagine et ce que je crois . Je te donne toutes mes differences, Tous ces défauts qui sont autant de chance On sera jamais des standards Des gens bien comme il faut Je te donne ce que j'ai Ce que je vaux I can give you the force of my ancestral pride The well to go on when i'm hurt deep inside Whatever the feeling, whatever the way It helps me to go on from day to day Je te donne nos doutes et notre indicible espoir Les questions que les routes ont laissées dans l'histoire Nos filles sont brunes et l'on parle un peu fort Et l'humour et l'amour sont nos trésors Je te donne toutes mes differences... Je te donne , donne , donne ce que je suis I can give you my voice, bred with rythm and soul, Je te donne mes notes , je te donne ma voix The songs that i love, and the stories i've told Ce que j'imagine et ce que je crois I can make you feel good even when i'm down Les raisons qui me portent et ce stupide espoir My force is a platform that you can climb on Une épaule fragile et forte a la fois Je te donne, Je te donne tout ce que je vaux , Ce que je suis, mes dons, mes défauts, Mes plus belles chances, mes differences
Mais sait-on ? peut-être pas Quelques braises échappées des cendres D'un amour si loin déjà Vous en souvenez-vous? Nous étions fous de nous Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires Tendres adolescences, j'y pense et j'y repense Tombe mon soir et je voudrais vous revoir Nous vivions du temps, de son air Arrogants comme sont les amants Nous avions l'orgueil ordinaire Du "nous deux c'est différent" Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal Les jolies danses sont rares, on l'apprend plus tard Le temps sur nos visages a soumis tous les orages Je voudrais vous revoir et pas par hasard Sûr il y aurait des fantômes et des décors à réveiller Qui sont vos rois, vos royaumes ? mais je ne veux que savoir Même si c'est dérisoire, juste savoir Avons-nous bien vécu la même histoire ? L'âge est un dernier long voyage Un quai de gare et l'on s'en va Il ne faut prendre en ses bagages Que ce qui vraiment compta Et se dire merci De ces perles de vie Il est certaines Blessures au goût de Victoire Et vos gestes, y reboire Tes parfums, ton regard Ce doux miroir Où je voudrais nous revoir
Tout est neuf et tout est sauvage Libre continent sans grillage Ici, nos rêves sont étroits C'est pour ça que j'irai là-bas Là-bas Faut du cœur et faut du courage Mais tout est possible à mon âge Si tu as la force et la foi L'or est à portée de tes doigts C'est pour ça que j'irai là-bas N'y va pas Y a des tempêtes et des naufrages Le feu, les diables et les mirages Je te sais si fragile parfois Reste au creux de moi On a tant d'amour à faire Tant de bonheur à venir Je te veux mari et père Et toi, tu rêves de partir Ici, tout est joué d'avance Et l'on n'y peut rien changer Tout dépend de ta naissance Et moi je ne suis pas bien né Là-bas Loin de nos vies, de nos villages J'oublierai ta voix, ton visage J'ai beau te serrer dans mes bras Tu m'échappes déjà, là-bas J'aurai ma chance, j'aurai mes droits N'y va pas Et la fierté qu'ici je n'ai pas Là-bas Tout ce que tu mérites est à toi N'y va pas Ici, les autres imposent leur loi Là-bas Je te perdrai peut-être là-bas N'y va pas Mais je me perds si je reste là Là-bas La vie ne m'a pas laissé le choix N'y va pas Toi et moi, ce sera là-bas ou pas Là-bas Tout est neuf et tout est sauvage N'y va pas Libre continent sans grillage Là-bas Beau comme on n'imagine pas N'y va pas Ici, même nos rêves sont étroits Là-bas C'est pour ça que j'irai là-bas N'y va pas On ne m'a pas laissé le choix Là-bas Je me perds si je reste là N'y va pas C'est pour ça que j'irai là-bas
Plus hautes que les batailles, défiant le poids des ans Aujourd'hui quatre vents feraient s'envoler ses tours Et l'on jurait avant que ça durerait toujours Corons, terrils au nord, litanie des paysages Aux vivants comme aux morts, la mine histoire et langage Ce charbon peine et chance, chaque mineur l'a vécu Mais un jour ce silence, oh pas un ne l'aurait cru Et j'avais fait des merveilles en bâtissant notre amour En gardant ton sommeil, en montant des murs autour Mais quand on aime on a tort, on est stupide, on est sourd Moi j'avais cru si fort que ça durerait toujours J'avais cru si fort que ça durerait toujours
Clouer les portes, s'emprisonner Vivre des songes a trop veiller Prier des ombres et tant marcher J'ai beau me dire qu'il faut du temps J'ai beau l'écrire si noir sur blanc Quoique je fasse, ou que je sois Rien ne t'efface, je pense a toi Et quoi que j'apprenne,je ne sais pas Pourquoi je saigne et pas toi Passent les jours, vides sillons Dans la raison et sans amour Passe ma chance, tournent les vents Reste l'absence, obstinément J'ai beau me dire que c'est comme ça Que sans vieillir, on n'oublie pas Quoique je fasse, ou que je sois Rien ne t'efface, je pense a toi Et quoi que j'apprenne,je ne sais pas Pourquoi je saigne et pas toi Y a pas de haine, y a pas de roi Ni dieu ni chaîne, qu'on ne combat Mais que faut-il, quelle puissance Quelle arme brise l'indifférence Oh c'est pas juste, c'est mal écrit Comme une injure, plus qu'un mépris Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas Pourquoi je saigne et pas toi
Appartenir Mon amour Mon amant, mon mari Mon toujours Des mots si doux Mais qui m'effraient parfois Je ne t'appartiens pas Des mots si chauds Mais à la fois si froids Je n'appartiens qu'à moi
Où s'abritent nos saisons Petite boule ronde Sous les ailes d'un avion Et partout des gens qui dansent Pour oublier un instant La nuit et le silence Et les peines du présent C'est un tout petit monde L'eau le soleil et le sel Les naissances et les tombes Et l'essentiel et le ciel Partout la même prière D'une mère qui attend Que baisse la fièvre Dans les mêmes yeux d'enfants C'est un tout petit monde Fragile au creux de nos mains Balançant ses secondes Entre tellement et rien Et partout la même histoire De pouvoirs à partager Et si peu de mémoire Du sang des larmes versées Et partout déteignent et règnent Nouveaux rois sans philosophe Le rock, le dollar, les antennes Coca et kalachnikov.. Coca et kalachnikov..
Grande fête au château il y a bien longtemps Les belles et les beaux, nobliaux, noble sang De tout le royaume on est venu dansant Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons Grande fête aux rameaux et Manon a seize ans Servante en ce château comme sa mère avant Elle porte les plateaux lourds à ses mains d'enfant Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons Le bel uniforme, oh le beau lieutenant Différent des hommes d'ici blond et grand Le sourire éclatant d'un prince charmant Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons Redoublent la fête et les rires et les danses Manon s'émerveille en remplissant les panses Le bruit, les lumières, c'est lui qui s'avance Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons En prenant son verre auprès d'elle il se penche Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche "Tu es bien jolie" dans un divin sourire Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons Passent les années dures et grises à servir Une vie de peine et si peu de plaisir Mais ce trouble là brûle en ses souvenirs Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons Elle y pense encore et encore et toujours Les violons, le décor, et ses mots de velours Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons En prenant son verre auprès d'elle il se penche Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche Juste quatre mots, le trouble d'une vie Juste quatre mots qu'aussitôt il oublie Tournent les vies oh tournent et s'en vont Tournent les violons Elle y pense encore et encore et toujours
Bribes d'enfances, bouts de scène Tes yeux, ton visage et ta main dans ma main Et nos pas sur le même chemin Oh, nous n'étions pas très bavards Un peu bizarre, un peu à part J'aimais tes silences et tu aimais les miens Muets, nous nous entendions bien Tu étais un peu différent Et moi, je n'étais pas comme eux Un peu méprisant pour tous leurs jeux d'enfants Nous pleurions les yeux dans les yeux J'ai reçu tes premiers poèmes Comme on berce de quelques mots Nos rires étaient rires et nos peines étaient peines Chacun touchant l'autre en écho Je t'ai joué mes premières notes Tu écoutais les yeux mi-clos Simples et malhabiles, un peu fausses, un peu sottes Je n'entendais que tes bravos En saluant devant le piano On a commencé à se perdre de vue à l'adolescence Je te trouvais un peu trop austère Un peu trop sérieux, un peu trop secret Moi, j'avais besoin de musique, de lumière Et de futilité Et aussi des autres Ton amitié était exigente, entière, exclusive Et puis, tu as commencé à être absent Souvent, puis, plus longtemps Ta mère nous disait que tu partais en vacances Elle ne mentait pas quand j'y repense En vacances de vie, en vacances d'envie Et puis la vérité, celle qu'on suppose Celle qu'on cache, celle qu'on chuchote Celle qui dérange, celle qu'on élude Ton autre chemin {2x} Dis-moi les voix, les envies qui te mènent Dis-moi les vents, les courants qui t'entraînent Les idées fixes et les clous qui te rivent En quelles errances, immobiles dérives Dis-moi les songes qui frappent à ta porte Les illusions, les diables qui t'emportent Vers quel ailleurs, mirage sans angoisse Sans temps perdu, sans seconde qui passe A quoi tu penses quand revient le soir ? Tes quatre murs renferment quelques espoirs ? Que doit-on lire dans ton sourire idiot ? D'autres désirs, sans paroles et sans mots ? Montre-moi ton autre chemin {3x} Décris-moi ton autre chemin Dis-moi tes signes et dis-moi ton langage Les horizons des barreaux de ta cage Vois-tu le blanc, le bleu-ciel et le rose Que vois-tu quand tes paupières se closent ? Et puis me voilà, te parlant de ma vie De son niveau, ses ennuis, ses envies Sa course vaine et mon manque d'amis A tes yeux vides, ton absence ahurie Montre-moi ton autre chemin {3x} Décris-moi ton autre chemin
Pas que de l'amour, pas que ça Des traces de temps qui traînent Y a du contrat dans ces mots là Tu dis l'amour a son langage Et moi les mots ne servent à rien S'il te faut des phrases en otage Comme un sceau sur un parchemin Alors sache que je Sache le Sache que je Il y a mourir dans " je t'aime " Il y a je ne vois plus que toi Mourir au monde, à ses poèmes Ne plus lire que ses rimes à soi Un malhonnête stratagème Ces trois mots là n'affirment pas Il y a une question dans " je t'aime " Qui demande " et m'aimes-tu, toi ? " Alors sache que je Sache le Sache que je
Les préfaces des livres, je te laisse les fins Je prends les annuaires, et toi le téléphone On a tout partagé, on partage à la fin Je prends le poisson rouge, tu gardes le bocal A toi la grande table, à moi les quatre chaises Tout doit être bien clair et surtout bien égal On partage les choses quand on ne partage plus les rêves Tu garderas tes X et moi mes XY Tant pis, on saura pas c'que ça aurait donné C'est sûrement mieux comme ça, c'est plus sage, plus correct On saura jamais c'qu'en pensait l'intéressé(e?) Mais l'amour, tu peux tout le garder Un soir, je te l'avais donné Et reprendre, c'est voler Et reprendre, c'est voler
Puisqu'il n'est pas de montagne Au-delà des vents plus haute que les marches de l'oubli Puisqu'il faut apprendre A défaut de le comprendre A rêver nos désirs et vivre des "ainsi-soit-il" Et puisque tu penses Comme une intime évidence Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire Puisque c'est ailleurs Qu'ira mieux battre ton cœur Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir Puisque tu pars Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles Sauront t'aimer mieux que nous puisque L'on ne peut t'aimer plus Que la vie t'apprenne Mais que tu restes le même Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu Garde cette chance Que nous t'envions en silence Cette force de penser que le plus beau reste à venir Et loin de nos villes Comme octobre l'est d'avril Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte Indélébile Sans drame, sans larme Pauvres et dérisoires armes Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur Puisque ta maison Aujourd'hui c'est l'horizon Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir Mais pas trop tard Dans ton histoire Garde en mémoire Notre au revoir Puisque tu pars Dans ton histoire Garde en mémoire Notre au revoir Puisque tu pars J'aurai pu fermer, oublier toutes ces portes Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l'as pas fait J'aurai pu donner tant d'amour et tant de force Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez Pas assez, pas assez, pas assez Dans ton histoire (dans ton histoire) Garde en mémoire (garde en mémoire) Notre au revoir (notre au revoir) Puisque tu pars (puisque tu pars)... |
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